Nouméa est sectorisée, c'est-à-dire que chaque enfant dépend de l'école de son secteur d'habitation.

Parmi ces écoles, très peu sont équipées de cantines.

La méthode de gruge la plus usitée est donc de se faire faire une attestation d'habitation par quelqu'un qui vit dans le secteur de l'école que l'on vise de tout son coeur (parce qu'elle a une cantine, mais chuuut ! Ne le dites pas surtout).

J'avais cette attestation en main. Mais je me voyais très mal débarquer devant le dirlo et dire "Oui, oui, nous habitons bien ici depuis deux semaines hihi !!". D'autant que l'école dont dépend Qt en a une aussi de cantine. Mais vous verrez ensuite pourquoi j'ai hésité à deux fois avant de l'inscrire.

J'ai donc, par sagesse et souci de mauvaise conscience à l'idée de mentir au dirlo (des restes de mon enfance certainement), pris la décision d'inscrire Qt dans l'école de notre quartier.

Le second aléa majeur est maintenant de trouver les activités dites "extra scolaires" qui sont loin d'être extras pour le peu que j'en ai vu.

A Nouméa, l'école commence à 7h15, termine à 11h15.

En petite section de nains, inutile d'accorder la moindre importance au programme de l'après-midi qui comporte une sieste et une perm' pendant laquelle aucun devoir n'est à faire, seuls les pâtés de sable doivent être impeccables et sans rature.

Cette perm' se termine à 17h15.

Il faut donc, dans le meilleur des cas, terminer son travail à 17H AU PLUS TARD ! Ce qui est de la pure science fiction à notre niveau, surtout si on ajoute à cela le trajet en voiture mais bon...

Après cet avant goût, viennent se greffer les plaies des mercredis ET des mercredis pédagogiques. Environ 6 à 10 mercredis par an sont dits "pédagogiques".
Sur 52 semaines dont à peu près 35 semaines de scolaires pures, vacances défalquées, il reste donc 25 semaines de mercredis qui se terminent à 10h30, tout un bonheur...

Quand on est parents et qu'on travaille à plein temps tous deux, la rentrée scolaire s'annonce presque comme une mauvaise nouvelle à laquelle il faut faire face.

Sauf qu'avant que cette période n'arrive, et bien on n'y avait jamais réfléchi, oui, jusqu'ici, nous vivions au pays des Bisounours.

Je suis donc partie en quête de clubs aérés. Certains le sont tellement bien, aérés, qu'ils laissent les enfants se volatiliser dans la nature. Lors de ma prise de renseignement, la "commerciale" m'a indiqué qu'ils avaient déjà laissé des enfants devant les écoles, que la navette censée les récupérer avait omis de vérifier si le compte y était...Oups ! Alors ça c'est ballot !

Enfantasia (centre aéré), c'est d'un sectaire, vient d'être depuis peu réservé aux enfants de fonctionnaires.
Non mais franchement, les enfants de fonctionnaires grandiront entre enfants de fonctionnaires, ils pourront parler vacances entre eux et leurs parents n'auront certainement aucun problème pour aller les chercher à 17h15 (bien que ce centre leur laisse certainement la liberté d'aller au-delà des 17h15 ce qui ne doit jamais être le cas), et ça les sortira tous grandis.

Les clubs aérés sont donc soit réservés aux fonctionnaires, soit trop aérés.

Coup de gueule furtif : En quel honneur avantage-t-on cette catégorie, déjà pas mal avantagée, en leur réservant le peu de centre aérés dont dispose la ville capitale ? Et le pire c'est que tout le monde trouve ça normal...

Il reste donc la solution suivante : passer un concours pour devenir fonctionnaire.

Solution alternative : j'arrête de travailler ce qui rejoint la première solution.

Tel le Penseur de Rodin, je suis en pleine réflexion, mais j'avoue que j'ai tout autant de mal à accepter ces disparités précédemment ressenties lors de l'entrée en crèche.

Enfin, tout ce que je peux vous dire, c'est que le système scolaire calédonien ne mérite pas d'avoir de cadeau à Noël, voilà, c'est dit !

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